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Aussi excités que si les « Bafana Bafana » avaient gagné

juin 25, 2010

Durant la Coupe du monde de football, le « Village of Hope » et notre groupe avons mis en place des activités qui se déroulent les après-midi. Au gymnase de Grabouw, qui s’appelle Groenberg Secondary Skool, chaque jour de la semaine de 13h à 18h environ, 150 enfants se réunissent pour jouer au foot, au netball, au cricket ou au dodgeball. Une session de sport de 2 heures est organisée, puis suivie d’un repas chaud ou de sandwiches offerts par le « Village of Hope ». A 16h, les enfants se réunissent dans le hall central pour regarder sur grand écran le deuxième match de l’après-midi, supportant l’équipe qu’ils représentaient durant le tournoi de football qui précédait. Mercredi 16 juin, peu d’entre eux étaient prêts à supporter la Nati. Malgré mon maillot de l’équipe de Suisse et mes drapeaux suisses peints sur chacune de mes joues – ce qui eut un grand succès –, l’Espagne était a l’honneur. Personne ne pensait que la Suisse – ah ? qui a une équipe de foot par la même occasion ? – ne puisse gagner contre ce potentiel vainqueur de cette Coupe du monde. Mais les enfants jouant le jeu, ont partagé mon enthousiasme en criant des « Switzerland, Switzerland » avec joie. Quand le coup de sifflet final arriva, après plus de 30 minutes de pression, les enfants avec qui je travaille me sautèrent dans les bras et étaient aussi excités que si les « Bafana Bafana » avaient gagné un de leurs matchs.

Des valeurs qui ressortent
Après un mois de travail avec plus ou moins les mêmes enfants, il est très enrichissant de voir que les valeurs chrétiennes qu’on partage avec eux ressortent de plus en plus. Que ce soit le service, le travail d’équipe ou l’amour pour son prochain. Les sessions qui commencent et se terminent toujours par une prière sont de plus en plus agréables. Les filles qui avaient tendance à se crier dessus à plein poumons dès que l’une d’entre elles faisait une erreur en jouant au netball, apprennent à respecter leurs coéquipières. Pourtant, malgré tout ce travail, les lundis sont synonymes de reprise à zéro, la plupart du temps. Le week-end, pour ces enfants vivant dans les townships, est l’occasion pour les parents de dépenser leur paie en alcool et drogue. Ainsi le lundi, l’agressivité et une tendance à la violence sont à leur maximum. Mais le sport prend rapidement le dessus et l’atmosphère se détend.

Les Nord-Irlandais n’ont pas gagné, mais les enfants du township sont sortis vainqueurs
Samedi 19 juin, nous avons eu notre deuxième samedi de football. Avec plus de 200 enfants, le bilan était très positif. Il y avait aussi des matchs de netball pour les filles. Du « face painting » (grimage), et un tournoi de football pour les garçons, suivi d’un repas offert. Le tournoi de foot a accueilli deux équipes d’adolescents nord-irlandais. Et, à notre très grande surprise, ils n’ont pas gagné la finale. Chez les moins de 12 ans ainsi que chez les moins de 15, c’est l’équipe du quartier de Roydakka, ici à Grabouw, qui a gagné. Le contraste entre les enfants des townships jouant pieds nus et les enfants irlandais avec leur kit complet, comprenant protèges tibia et chaussures à crampons, était intéressant à voir. Et montre à quel point l’équipement et la technique ne font pas le joueur, mais ce qu’il a dans son coeur ! Les enfants du township de Roydakka ont donné tout ce qu’ils avaient, s’encourageant et ne baissant pas les bras pour la plus grande fierté de Arron, qui les coache, une fois par semaine, une heure durant, sur une sorte de terrain vague où les bosses et les pierres ne se comptent pas. Les crampons n’étant point de circonstance, un des jeunes irlandais a offert les siens à un des joueurs de Grabouw, comme quoi cette rencontre, au travers du football, n’aura pas touché qu’un continent mais les deux.


Le « face painting » est toujours un pur plaisir. Les enfants paraissent tendus et tristes, mais une fois le résultat entrevu dans le miroir, les sourires apparaissent et on peut vraiment voir la joie du Seigneur au travers d’eux : « The joy of the Lord is my strength. » Certains enfants ne sourient pas et ne souriront pas. Mais nous avons l’espoir que leur situation s’améliorera et le fait de prier pour eux intérieurement pendant que l’on peint leur visage est, selon moi, un acte puissant. Rien n’est impossible à notre Dieu!!

Antje


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