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Un premier bilan de deux mois d’activités en Afrique du Sud

juillet 9, 2010

Après deux mois ici a Grabouw en Afrique du Sud, les graines de notre travail semblent être plantées profondément dans le coeur des enfants que nous avons rencontrés. Où que l’on aille à Grabouw, que ce soit à Hillside, Iraq, Roy Dakka, Upper Road ou dans le centre-ville, nos voitures sont reconnues et nos noms sont prononcés. Tout ce temps passé avec la jeunesse de cette ville semble porter du fruit. Merci Seigneur! Voici certains de mes sujets de reconnaissance et certaines de mes « aventures ».

« J’ai écrit ton nom sur la paume de ma main ! »
A la fin d’un entraînement de football, après avoir partagé une histoire de la Bible et expliqué la différence que cela faisait pour nous d’avoir donné notre vie à Jésus, huit des treize enfants ont levé leur main pour à leur tour donner leur vie à Jésus-Christ. Après avoir prié avec eux, j’ai partagé le verset d’Esaïe 49, 15-16: « Je ne t’oublierai jamais! Regarde : j’ai écrit ton nom sur la paume de ma main! » Puis je leur ai distribué une main en papier représentant la main de Dieu, et chacun d’entre eux a écrit son prénom sur cette main sur laquelle était écrit ce verset. Ces huit enfants font partie d’une trentaine d’enfants qui, au cours de ces deux mois, ont décidé de donner leur vie à Jésus-Christ durant nos séances d’entraînement.

Ah, non ! Plus de foot en chaussettes !
Lors d’un « soccer saturday » (samedi de foot), nous avons décidé de distribuer aux équipes du tournoi de football non seulement les maillots habituels, mais aussi les shorts et les chaussettes. Quelle excitation! Les enfants avaient l’air de vrais joueurs professionnels. Cependant cette excitation tourna au calvaire de la responsable de la lessive. Imaginez l’équipe des moins de douze ans d’Iraq, avec des chaussettes aux pieds au lieu de jouer pieds nus. On les a entendus dire aux autres équipes : « Regardez ! Avec ces chaussettes, ça amortit complètement la balle et le contrôle est beaucoup plus facile… » Ce fut suffisant pour lancer la mode de jouer en chaussettes sur les terrains de foot boueux. Je ne vous décris pas le lavage à la main, ou plutôt le décrottage à la main qu’il a fallu envisager ensuite. Comme vous pouvez l’imaginer, nos « soccer saturday » se sont poursuivis avec la distribution d’un simple maillot de foot…

Les joies de la louange à l’africaine
Le mercredi à 15h, nous avons un culte avec les infirmières de Thembacare. La louange et le temps de culte à l’africaine, c’est incroyable ! Les infirmières nous entraînent dans des danses et toute la salle est debout tapant des mains. Ces deux derniers mercredis, certains des enfants avec qui l’on travaille et qui vivent dans le quartier, ont vu nos voitures parquées à l’extérieur du dispensaire et entendu les chants. Ils sont venus aux fenêtres. Ainsi durant les deux derniers cultes, une dizaine d’enfants nous ont rejoints et c’est ensemble que nous avons marché dans la salle au son de « Walk, walk, walk in the light of God ».

Des mentors pour poursuivre ce que nous avons lancé…
Durant notre travail dans les locaux de l’école secondaire de Groenberg, le directeur a désigné des mentors parmi les élèves de son établissement pour nous aider. Le contact a très bien passé, et le fait que nous les ayons inclus dans les animations de nos activités, leur a fait prendre conscience des besoins de leur communauté. Les mentors viennent plus ou moins des mêmes quartiers que nos enfants, et comme ils font partie de la minorité des adolescents qui, ici a Grabouw, n’ont pas plongé dans la drogue, c’est un merveilleux exemple pour la jeunesse ! Ils vont d’ailleurs, pour certains d’entre eux, commencer à travailler avec l’association qui nous a accueillis « Village of Hope ». Une manière ainsi de continuer à « impacter » leur communauté !
Antje


Aussi excités que si les « Bafana Bafana » avaient gagné

juin 25, 2010

Durant la Coupe du monde de football, le « Village of Hope » et notre groupe avons mis en place des activités qui se déroulent les après-midi. Au gymnase de Grabouw, qui s’appelle Groenberg Secondary Skool, chaque jour de la semaine de 13h à 18h environ, 150 enfants se réunissent pour jouer au foot, au netball, au cricket ou au dodgeball. Une session de sport de 2 heures est organisée, puis suivie d’un repas chaud ou de sandwiches offerts par le « Village of Hope ». A 16h, les enfants se réunissent dans le hall central pour regarder sur grand écran le deuxième match de l’après-midi, supportant l’équipe qu’ils représentaient durant le tournoi de football qui précédait. Mercredi 16 juin, peu d’entre eux étaient prêts à supporter la Nati. Malgré mon maillot de l’équipe de Suisse et mes drapeaux suisses peints sur chacune de mes joues – ce qui eut un grand succès –, l’Espagne était a l’honneur. Personne ne pensait que la Suisse – ah ? qui a une équipe de foot par la même occasion ? – ne puisse gagner contre ce potentiel vainqueur de cette Coupe du monde. Mais les enfants jouant le jeu, ont partagé mon enthousiasme en criant des « Switzerland, Switzerland » avec joie. Quand le coup de sifflet final arriva, après plus de 30 minutes de pression, les enfants avec qui je travaille me sautèrent dans les bras et étaient aussi excités que si les « Bafana Bafana » avaient gagné un de leurs matchs.

Des valeurs qui ressortent
Après un mois de travail avec plus ou moins les mêmes enfants, il est très enrichissant de voir que les valeurs chrétiennes qu’on partage avec eux ressortent de plus en plus. Que ce soit le service, le travail d’équipe ou l’amour pour son prochain. Les sessions qui commencent et se terminent toujours par une prière sont de plus en plus agréables. Les filles qui avaient tendance à se crier dessus à plein poumons dès que l’une d’entre elles faisait une erreur en jouant au netball, apprennent à respecter leurs coéquipières. Pourtant, malgré tout ce travail, les lundis sont synonymes de reprise à zéro, la plupart du temps. Le week-end, pour ces enfants vivant dans les townships, est l’occasion pour les parents de dépenser leur paie en alcool et drogue. Ainsi le lundi, l’agressivité et une tendance à la violence sont à leur maximum. Mais le sport prend rapidement le dessus et l’atmosphère se détend.

Les Nord-Irlandais n’ont pas gagné, mais les enfants du township sont sortis vainqueurs
Samedi 19 juin, nous avons eu notre deuxième samedi de football. Avec plus de 200 enfants, le bilan était très positif. Il y avait aussi des matchs de netball pour les filles. Du « face painting » (grimage), et un tournoi de football pour les garçons, suivi d’un repas offert. Le tournoi de foot a accueilli deux équipes d’adolescents nord-irlandais. Et, à notre très grande surprise, ils n’ont pas gagné la finale. Chez les moins de 12 ans ainsi que chez les moins de 15, c’est l’équipe du quartier de Roydakka, ici à Grabouw, qui a gagné. Le contraste entre les enfants des townships jouant pieds nus et les enfants irlandais avec leur kit complet, comprenant protèges tibia et chaussures à crampons, était intéressant à voir. Et montre à quel point l’équipement et la technique ne font pas le joueur, mais ce qu’il a dans son coeur ! Les enfants du township de Roydakka ont donné tout ce qu’ils avaient, s’encourageant et ne baissant pas les bras pour la plus grande fierté de Arron, qui les coache, une fois par semaine, une heure durant, sur une sorte de terrain vague où les bosses et les pierres ne se comptent pas. Les crampons n’étant point de circonstance, un des jeunes irlandais a offert les siens à un des joueurs de Grabouw, comme quoi cette rencontre, au travers du football, n’aura pas touché qu’un continent mais les deux.


Le « face painting » est toujours un pur plaisir. Les enfants paraissent tendus et tristes, mais une fois le résultat entrevu dans le miroir, les sourires apparaissent et on peut vraiment voir la joie du Seigneur au travers d’eux : « The joy of the Lord is my strength. » Certains enfants ne sourient pas et ne souriront pas. Mais nous avons l’espoir que leur situation s’améliorera et le fait de prier pour eux intérieurement pendant que l’on peint leur visage est, selon moi, un acte puissant. Rien n’est impossible à notre Dieu!!

Antje


400 enfants des townships pour un premier samedi de sports

juin 16, 2010

(13.06.2010) La Coupe du monde a officiellement commencé vendredi dernier. L’ambiance était à la fête avec les « Bafana Bafana » qui jouaient contre le Mexique. Une cinquantaine d’enfants étaient réunis à Grabouw, dans un hall d’école. Les sons des vuvuzellas n’en finissaient plus. La ville entière avait soudainement fermé boutique, pour se concentrer sur le petit écran. Les ruelles des townships étaient vides, les cabanes abritaient les supporters des Bafana Bafana. Le résultat, 1-1, match nul… le pays était satisfait. Un peu déçu tout de même par l’absence de Nelson Mandela, qui a perdu son arrière petite-fille dans un accident de voiture…

Un événement avec son lot de bonnes choses… et de moins bonnes !
Pour la première fois, la Coupe du monde de football se déroule sur le continent africain, c’est une grande fierté pour chaque Sud-Africain. Ce grand événement apporte plein de choses positives et… négatives. Les paies supplémentaires, 6 semaines de vacances scolaires au lieu de 2, l’ambiance incessante de fête… L’amélioration des tronçons routiers ainsi que ferroviaires. L’unité des citoyens derrière la même bannière, qu’ils soient noires, de couleur ou blancs, les drapeaux de l’Afrique du Sud sont brandis haut dans les airs, ainsi qu’à chaque rétroviseur de presque toutes les voitures. La Coupe du monde amène un espoir dans les coeurs, un espoir de temps meilleurs. Comme dit la pub pour Coca qui passe sans arrêt pendant le football : « When I grow older, I will be stronger ! » (Quand je serai plus grand, je serai plus fort !). Les améliorations apportées au pays ont été faites pour laisser des traces, et changer l’Afrique du Sud. Le monde entier est réuni sous l’emblème du football ici en Afrique du Sud, c’est pourquoi le président Jacob Zuma a appelé ses concitoyens à une bonne conduite pour un mois, le temps de la Coupe du monde ! Derrière tous ces confettis et cette ambiance de fête, il y a la queue aux bancomats de Grabouw, 2 heures avant le match des Bafana Bafana… Les parents dépensent leur salaire dans l’alcool pour participer à cette ambiance de fête. Les enfants viennent aux séances de football et de netball que nous animons le ventre vide ! La saison du ramassage des pommes est finie et il n’y a pas de travail pour les deux prochains mois. La vie poursuit son cours, et l’ambiance de fête peut se révéler amère. Deux braquages à main armée ont eu lieu, ici à Grabouw ces deux dernières semaines. La faim, le chômage, la violence, l’alcoolisme… autant de choses qui paraissent plutôt insensées en cette époque de fête.

Un plein succès pour un premier samedi sports

Mais l’espoir fait vivre. C’est ainsi que notre premier samedi de football a eu lieu. Pendant la durée de la Coupe du monde, le « Village of Hope » et notre équipe de JEM, nous organisons chaque samedi,de 9h a 15h, des tournois de football et de netball… Oui, parce que les filles ne jouent pas au foot ici en Afrique du Sud ! Ainsi que du golf, du volley-ball et du… « face painting ». Les visages des enfants sont peints aux couleurs de l’Afrique du Sud pour la plupart, mais aussi de l’Angleterre et du Brésil.
Ce premier samedi avec une participation de plus de 400 enfants a connu beaucoup de succès, malgré un vent a vous glacer les os ! Cela n’a pas retenu les enfants de venir jouer au football.

Apres un mois de travail avec plus de 500 enfants des townships ici a Grabouw, j’ai vraiment pris conscience de la force du sport. Un enfant qui arrive à l’entraînement rempli de ressentiments, d’agressivité, le ventre vide, les habits humides et déchirés, pendant le temps de la séance, il va oublier sa condition… Ses problèmes sont mis de coté ! Il ne pense plus qu’a s’amuser avec ses amis et à jouer au foot ou au cricket. Les ventres, la plupart du temps, ne finissent pas remplis, les habits ne sont jamais raccommodés et finissent souvent plus transpirants et sales qu’ils ne l’étaient avant, mais pendant cette séance, des gens ont été là pour eux, pour les aider, pour les aimer et les encourager, qu’ils soient doués ou non ! Et ça, ça fait toute la différence. L’atmosphère spirituelle est toujours lourde aux débuts des séances, mais la prière de commencement allège passablement l’atmosphère et, grâce a Dieu et aux Amens de la prière finale, les sourires sont sur tous les visages.
Antje

L’Afrique du Sud est en marche

juin 16, 2010

(28.05.2010) L’odeur du bitume frais rempli l’atmosphère, les places publiques sont repavées, l’aéroport international du Cap est réaménagé de toutes parts et luit comme un sou neuf, un panneau publicitaire annonce une séance de prière au stade… Oui ! l’Afrique du Sud est en route pour sa Coupe du monde de football.
L’ambiance est a l’excitation que ce soit au Cap ou à Strand ou Grabouw, des villes en dehors du Cap. Aux feux rouges, des vendeurs se pressent aux fenêtres des voitures proposant des drapeaux et bannières aux couleurs des grandes nations du football. Je n’ai pas encore eu l’occasion de trouver un drapeau suisse !

Avec « Village of Hope »
Les enfants dans les cours d’école montrent fièrement leurs t-shirts portant l’inscription « Afrique du Sud » et des « bafana bafana » sont chantés par-ci par-là. Pourtant quand on demande aux enfants leur opinion sur cette Coupe du monde, la plupart répondent : « Brazil ». La folie du football s’est emparée de l’Afrique du Sud pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. L’association que nous aidons s’appelle « Village of Hope », et le football est un des moyens les plus efficaces pour rejoindre la communauté des « townships » selon eux. Ici en Afrique du Sud, ce sport est vu comme un moyen de détourner les enfants et les jeunes de la violence des gangs et des addictions aux drogues. Le « Village of Hope » coache des sessions de football et netball dans différentes parties du township de Grabouw. Les entraînements sont basés sur de valeurs chrétiennes et un verset de la Bible est chaque fois partagé.


Le « Village of Hope » est une association qui gère une maison d’accueil pour des enfants souffrant du sida. Ils sont impliqués dans la vie communautaire de Grabouw avec leurs clubs de football, netball et cricket, ainsi que médicalement. L’association mère s’appelle « Thembalitsha », son siège est au Cap, mais ils ont un dispensaire ici a Grabouw. Nous prévoyons de les accompagner dans leurs visites quotidiennes chez les malades des townships souffrant du V.I.H.

Une phase pratique orientée sports
Nous sommes ici a Grabouw pour deux mois, travaillant dans les écoles, coachant des sessions de football, de basketball et de cricket, et faisant des travaux pratiques pour la communauté. Ce voyage en Afrique du Sud fait partie de la phase pratique de mon école de disciple avec Jeunesse en Mission. L’école met un accent particulier sur le sport. La phase « théorique » s’est déroulée à merveille, à Harpenden, la base nationale de Jeunesse en Mission en Angleterre.
Ici en Afrique du Sud, les paysages me font penser à un mélange de la Suisse, de la France et des Etats-Unis. Ce qui permet de mieux comprendre les raisons du conflit de l’Apartheid. Les Anglais et les Hollandais se sont attachés à cette terre qui ressemblait tant à la leur.
Notre logement se situe sur une plantation de pommiers. Ces arbres nous entourent à perte de vue. Le fait de loger en dehors de Grabouw, et non en bordures des townships, nous permet de nous reposer complètement et de quitter l’atmosphère très chargée spirituellement.

Antje

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